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Les Retic 2004 vues par  la presse 

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04 novembre 2004
Culture Sup.Ambroise Mbia : Des Retic davantage plurielles
Le promoteur des Rencontres théâtrales internationales du Cameroun présente la prochaine édition du festival.

Propos recueillis par Thiery Gervais Gango

 

Ambroise Mbia
Des Retic davantage plurielles
Le promoteur des Rencontres théâtrales internationales du Cameroun présente la prochaine édition du festival.

 
La 13e édition des Rencontres théâtrale internationales du Cameroun (Retic) s’ouvre le 18 novembre prochain. Où en êtes-vous avec les préparatifs ?
Le Ccf de Yaoundé qui sera au cœur de la manifestation est prêt. Les invitations ont été envoyées depuis un mois. Nous sommes dans les délais. Nous n’avons pas noté jusque-là des désistements qui gêneraient la présentation des 13 spectacles programmés.Les directeurs des festivals de théâtres, les décideurs et les personnalités invitées ont confirmé leur présence. Les animateurs du forum sur "Les acteurs et leurs droits" organisé par la fédération internationale et l’Adami, ont eux aussi confirmé. Les participants à la rencontre des administrateurs et directeurs de théâtres en Afrique centrale n’ont pas déprogrammé leur voyage.

 Vous parlez là en même temps des différents temps forts du festival. Pouvez-vous être plus précis sur les différentes activités qui rythmeront la vie du festival ?
En plus des activités mentionnées plus haut, il est prévu un stage sur l’organisation et la gestion des festival. L’atelier sera dirigé par le Belge Jacques Deck. Une rencontre regroupera pendant le festival les femmes artistes d’Afrique centrale, qui répètent depuis quelques jours au Ccf de Yaoundé. Avec un autre Belge, Guy Theunissen qui était présent l’année dernière avec un spectacle cette fois-là, nous organisons depuis deux semaines une résidence de création à laquelle participent une comédienne belge (Catherine Salée, Ndlr), le chef de l’orchestre national de Guinée, vous découvrirez bientôt les vaste talent et deux comédiens camerounais (Yaya Mbilé et zigoto). La pièce s’intitule "Résistance" et sera proposée en ouverture des Retic 2004.

 Peut-on avoir une idée du contenu artistique de cette 13e édition qui s’organise tout de même dans un contexte financier difficile ?
Je me garderai de parler des questions financières. Nous nous sommes fixé un pari : faire les Retic avec ou sans argent. Je me contenterai donc de parler de la programmation, que nous avons voulue variée de manière à intéresser un public large. Nous avons pensé aussi qu’il fallait des spectacles qui présentent un intérêt pour les jeunes professionnels. En fait, il s’est agi de sélectionner des pièces de théâtre qui répondent aux normes professionnelles. Cela, par respect pour le public et la notoriété du festival.

 On ne peut pas faire le reproche au Cameroun d’être sous représenté dans la carte géographique de la programmation de cette année…
Je me permets de vous arrêter pour dire que l’origine géographique des spectacles sélectionnés n’est pas en soi une préoccupation. Cela ne m’intéresse pas. J’ai parlé tout à l’heure de la variété et de l’intérêt. Nous pensons qu’il est intéressant de proposer des spectacles qui croisent plutôt des gens venus d’horizons divers, du sud et du nord en même temps. Nous avons aussi, dans notre démarche, le souci d’encourager les jeunes talentueux. Il s’agira d’une rencontre au pluriel, d’un espace d’échanges. C’est pour cette raison que nous accordons un grand intérêt aux espaces Carrefour organisés tous les jours autour des spectacles de la veille, et espaces de dialogues où metteurs en scène, comédiens et public se croisent. Nous assumons le choix de la programmation qui est très éclectique cette année. Elle plaira à certains et pas à d’autres. L’essentiel est qu’il y ait une vraie vie autour du théâtre.

 Entre la dernière et la toute prochaine édition, ont n’a pas eu l’impression pourtant que le théâtre à beaucoup vécu...
Vous dites que c’est une impression. C’est juste. Le Fatej s’ouvre la semaine prochaine et offre un bel espace pour les enfants. Les Moments du conte vivent. Le festival Abok i Ngoma est un cadre où la danse s’épanouit. Toutes ces initiatives nous confortent dans notre démarche. Par le passé, nous programmions la danse, le conte et le théâtre pour enfants. En portant ces trois pôles, les trois promoteurs multiplient les chances d’une scène culturelle camerounaise plus vivante. Ça c’est sur le plan de la scène. Mais entre les deux éditions du festivals, tant de choses se sont passées. Il y a eu beaucoup de retombées positives pour les artistes camerounais après la dernière édition. Il y a eu beaucoup de bourses de formation, des résidences, la participation des troupes camerounaises et africaines à des festivals à travers le monde, plusieurs participations des comédiens à des créations de niveau international.
A chaque édition, la moisson est généralement bonne.

 


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Retic : la 13e pièce



 Alliance NYOBIA
 [15/11/2004]


Les Rencontres théâtrales internationales du Cameroun s’ouvrent cette année le 18 novembre.

Le Centre culturel français de Yaoundé, l’université de Soa, le lycée de Mfou et le centre artistique d’Akono : voilà les quatre sites sur lesquels se dérouleront les Rencontres théâtrales internationales du Cameroun (Retic), 13e édition, prévue du 18 au 24 novembre. L’information a été donnée vendredi dernier lors d’un point de presse organisé au Ccf de Yaoundé par le comité d’organisation, au sein duquel figurait Ambroise Mbia, président des Retic. Un festival qui devrait offrir cette année treize spectacles, dont cinq pièces camerounaises (d’autres compagnies viendront de Côte d’Ivoire, de la République démocratique du Congo, du Sénégal…). " Toutes les troupes ont confirmé ", a assuré Ambroise Mbia.

En dehors des représentations elles-mêmes, le festival prévoit : une rencontre des directeurs et administrateurs de festivals de théâtre d’Afrique centrale ; un forum sur " Les acteurs et leurs droits " ; un stage sur l’organisation et la gestion des festivals ; l’assemblée générale de l’association des régisseurs d’Afrique centrale ; une réunion du Regroupement des femmes artistes d’Afrique centrale. Du côté du comité d’organisation, on semble optimiste, même si on n’a " pas encore bouclé le budget ".

A la question de savoir pourquoi des rencontres du Cameroun se tiennent seulement dans la province du Centre, Ambroise Mbia a évoqué certains problèmes. Le festival devait s’étendre à Douala, mais le Centre culturel français de cette ville a " annulé à la dernière minute pour des raisons budgétaires ". Pour le reste, l’extension des Retic à toute l’étendue du territoire se heurte principalement à un problème de moyens. Mais le comité d’organisation souligne qu’il a invité des troupes de l’intérieur du pays. Si on ne peut pas aller dans tout le Cameroun, tout le Cameroun peut se retrouver à Yaoundé et ses environs…

L’essentiel est sans doute que le festival atteigne ses objectifs qui sont les mêmes depuis sa création en 1990 : promouvoir un théâtre inspiré des rites et coutumes africains ; contribuer à l’émergence des jeunes talents du vivier culturel africain ; faire dialoguer les valeurs nouvelles et les techniques dramatiques conventionnelles ; rechercher l’intégration harmonieuse du théâtre africain dans l’environnement du théâtre international.

Entre autres personnalités, le festival a comme invités d’honneur cette année Bernard Dadié, Thomas Manou Yablaih, directeur général du Marché des arts du spectacle africain, et André Louis Perinetti, secrétaire général de l’Institut international du théâtre, etc.



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Retic, le premier acte


 Alliance NYOBIA
 [19/11/2004]


Les Rencontres théâtrales internationales du Cameroun se sont ouvertes hier à Yaoundé.

Le gouvernement attache une importance particulière au développement de l’art théâtral au Cameroun. C’est ce que les personnes présentes à la cérémonie d’ouverture de la 13ème édition des Retic, organisée hier au Hilton de Yaoundé, ont appris de la bouche du secrétaire général du ministère de la Culture. Thomas Forzein, qui a présidé l’assise en lieu et place du ministre d’Etat Ferdinand Léopold Oyono, s’est félicité de l’existence d’un événement comme les Retic, dont il a au passage salué les promoteurs, qui font l’effort de pérenniser l’expérience d’année en année. Après avoir souhaité la bienvenue au Cameroun aux différents participants venus d’Afrique et d’ailleurs, il a invité les autres acteurs locaux du théâtre à enrichir de leur créativité le tableau théâtral camerounais.

A en croire Ambroise Mbia, le président des Retic, l’événement de cette année est placé sous le signe du " renforcement des liens entre artistes et opérateurs de théâtre d’Afrique centrale ". Dans son intervention, l’orateur a souhaité que les participants aux Rencontres soient le plus inspiré possible, afin que la qualité de leurs prestations favorise leur émergence sur la scène internationale. M. Mbia n’a pas manqué de remercier le Mincult pour l’appui apporté à la manifestation. Il a aussi remercié les acteurs de la coopération présents.

Pendant une semaine, les Retic vont offrir au public treize pièces de théâtre et sept spectacles d’animation, et ce sur différents sites : le Centre culturel français de Yaoundé, l’université de Soa, le lycée de Mfou et le centre artistique d’Akono. En plus de cinq pièces camerounaises, d’autres prestations seront assurées par des compagnies venant de Côte d’Ivoire, de la République démocratique du Congo, du Sénégal… Pratiquement tous les acteurs attendus étaient présents à la cérémonie d’hier. D’autres sont encore " dans l’avion ", d’après Ambroise Mbia.

En dehors des représentations elles-mêmes, le festival prévoit : une rencontre des directeurs et administrateurs de festivals de théâtre d’Afrique centrale ; un forum sur " Les acteurs et leurs droits " ; un stage sur l’organisation et la gestion des festivals ; l’assemblée générale de l’association des régisseurs d’Afrique centrale ; une réunion du Regroupement des femmes artistes d’Afrique centrale.

A travers les différentes manifestations prévues, les promoteurs des Retic visent divers objectifs, qui sont les mêmes depuis sa création en 1990 : promouvoir un théâtre inspiré des rites et coutumes africains ; contribuer à l’émergence des jeunes talents du vivier culturel africain ; faire dialoguer les valeurs nouvelles et les techniques dramatiques conventionnelles ; rechercher l’intégration harmonieuse du théâtre africain dans l’environnement du théâtre international.



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LEILA TOUBEL, CENTRE ARABO-AFRICAIN DE FORMATION ET DE RECHERCHE THÉÂTRALE

“Chaque œuvre ne représente que son maître”

 
Premier degré de la deuxième promotion de l’atelier de formation d’acteurs en mars
Atelier de la gestion théâtrale en juin
Stage de scénographie en co-organisation avec le centre “Al Ahnaguer” de Houda Wasfi (Egypte)

Leila Toubel Les 12 èmes Rencontres théâtrales internationales du Cameroun (RETIC) ont eu lieu du 18 au 24 novembre à Yaoundé. Douze pays africains ont été invités à travers onze compagnies et 21 spectacles. Notre pays y a été représenté non pas par une pièce mais par une personne : Leila Toubel, qui a animé un stage de mise en scène, ou plutôt de mise en espace. Elle nous a parlé de cette expérience, mais aussi de “Parlons en silence”, du théâtre, et des différents projets du Centre arabo-africain de formation et de recherche théâtrale, dont le siège se trouve à Tunis et plus précisément à El Hamra…

Qui côtoie les activités du théâtre El Hamra connaît forcément Leila Toubel, le “bras droit” de Ezzeddine Gannoun. Comédienne, puisqu’elle a interprété des rôles au théâtre (“Gamra Tah”, “L’ascenseur”, “Tyour Ellil”, “Les feuilles mortes”, “Nwassy”) ; actrice puisqu’elle était le premier rôle dans “Khmissa”, un court-métrage de Molka Mahdaoui, elle est aussi auteur, metteur en scène, formatrice et encadreuse. Cette polyvalence lui a permis de voyager et de rencontrer différents protagonistes du 4 ème Art à travers le monde, aussi bien en Italie, au Japon, en Egypte (où elle a reçu le prix de la Meilleure actrice au Festival International du Théâtre expérimental du Caire en 1998), en France, et au Cameroun pour les RETIC.

“Une autre réalité théâtrale”
“Les RETIC sont un festival qui essaye, depuis des années, de se tenir sur pied, ce qui n’est pas du tout évident en Afrique, nous a déclaré Leila Toubel. C’est un combat que mène notre ami Ambroise Mbia, car ces rencontres théâtrales internationales du Cameroun représentent une grande opportunité pour le théâtre africain. Le festival se veut aussi comme un marché avec des tourneurs”.
Leila Toubel a été invitée aux RETIC “depuis l’année dernière”. “Ezzeddine Gannoun, pour des raisons de santé, ne pouvait pas s’y rendre pour y animer un stage de mise en scène et de technique de jeu, je l’ai remplacé, même si l’un ne remplace pas l’autre”, nous a dit la comédienne, avant de continuer : “ Je voulais que cet atelier soit un atelier de femmes, car j’avais besoin de me retrouver dans un univers de femmes, sans tabous, sans exhibition, me retrouver dans l’intimité de ces femmes. J’ai appris avec le temps qu’on ne peut pas préparer, noir sur blanc, de faire ceci ou cela, avant de connaître et de sentir les personnes avec qui on va travailler. Je suis partie à la découverte de toutes ces femmes, camerounaises, centrafricaines et tchadiennes. Je me suis confrontée à une autre réalité théâtrale. Il y avait une envie de partager, d’écouter et de savoir comment aborder ce travail, même si la durée était un peu courte ; une semaine ce n’est pas beaucoup”.
Leila Toubel a été frappée par une chose, comme elle nous l’a expliqué : “Ce sont des comédiennes qui ambitionnent de devenir metteurs en scène. Je leur ai dit que je n’allais pas leur donner une recette, que j’allais travailler sur l’acteur, car pour moi la mise en scène c’est l’acteur. Il y a eu une déception la première journée dans le sens où elles étaient là pour apprendre la mise en scène. J’ai vu quelques stagiaires partir.Dire qu’on va passer à la mise en scène en une semaine est un gros mensonge”.
Avec les rapports de fin de stage, Leila s’est rendu compte que les comédiennes ont été marquées par ce qu’elles ont fait, par le travail et la maîtrise de l’acteur. Ce stage lui a apporté des choses à elle aussi : “Cet atelier m’a aidée à comprendre pourquoi on voit un théâtre africain tel qu’on le voit, en soulignant que les comédiennes que j’ai encadrées ne représentent que leur expérience et leur manière de faire. On ne peut pas faire du théâtre sans avoir cette installation humaine entre les personnes qui le font. Je dirigeais le stage mais en même temps je prenais des comédiennes ce qu’elles voulaient me transmettre. Il n’y avait pas ce rejet, cette position fixe de “je veux ça”, “j’attends ça de ce stage”, “donc il faut qu’on arrive à ça”, parce qu’en une semaine on ne peut pas arriver à ce qu’on veut avec des comédiennes qui n’ont jamais travailler selon ta méthode, sur l’improvisation, sur l’émotion. Je me suis aperçue que le théâtre n’est pas uniquement leur bol d’oxygène, il est toute leur vie. J’ai pu, je pense, leur communiquer la passion, l’acharnement et cette envie de se battre quotidiennement”.

“Le théâtre souffre”
Leila Toubel nous a donné son idée sur le théâtre africain : “On ne peut pas parler de théâtre d’Afrique noire sans connaître vraiment la réalité. On a des idées toutes faites mais la réalité est beaucoup plus “amère”. Je me dis comment ces artistes arrivent à créer, à voyager, à donner leurs spectacles dans les conditions où ils vivent. Ce sont des conditions très difficiles, au niveau de la création surtout. C’est vraiment une bataille”. Elle nous a également donné son avis sur les festivals à compétition : “Moi, j’ai toujours été contre la compétition, car on ne peut pas mettre des artistes sur un pied d’égalité, alors qu’on est loin de savoir comment ils ont pu créer et donner des représentations. On voit des projets avortés. C’est normal que le théâtre souffre ! On n’a pas du tout le droit de comparer le théâtre arabe et encore moins le théâtre tunisien au théâtre africain, et de les mettre, pendant les Journées Théâtrales de Carthage, en compétition. C’est vraiment une aberration dans le sens où ce n’est pas les mêmes conditions ni au niveau de la création, ni au niveau de la formation, ni à celui de la diffusion. Chaque œuvre ne représente que son maître. On ne peut pas parler de théâtre africain ou arabe sans aller voir ce qui se passe. Il faut prendre la peine de ne pas juger. Faire une compétition c’est être dans le jugement. Le théâtre est un art qui se cherche, qui évolue, qui a besoin d’une remise en question. Il y a un travail de laboratoire qui se fait”.

Collaborations
Outre l’atelier encadré par Leila Toubel, le Centre arabo-africain de formation et de recherche théâtrale a, en collaboration avec les RETIC, organisé un stage de régie-lumière, dirigé par Tomoty K. Sena Alain, “un grand technicien togolais”, qui a réuni (seulement) neuf stagiaires. Les raisons nous ont été expliquées par la comédienne : “Il y a un problème terrible : celui des visas. On n’arrête pas de parler de la libre circulation des artistes et des autres. On est en train de gaspiller de l’encre pour rien. Tu vois des artistes qui n’ont pas pu obtenir leur visa de transit, qu’on exige depuis quelques mois maintenant, sur Paris. Ils sont privés d’un festival à cause d’un visa ! C’est frustrant !”. Le transit par l’Europe est dû au fait qu’“il y a un gros problème de déplacement dans les pays d’Afrique” et la France devient souvent l’escale pour se rendre d’un pays africain à un autre.
Les deux ateliers proposés par le Centre arabo-africain est, comme l’a décclaré M. Thomas Fozein Kwanke, Secrétaire général du ministère de la Culture camerounais, un “projet qui s’inscrit dans le cadre de la formation permanente et multidimensionnelle”.
Le Centre arabo-africain a la volonté de “décentraliser” ses projets et de collaborer avec d’autres festivals, mais comme nous l’a dit Leila Toubel, cela est très difficile d’organiser des ateliers et autres stages en dehors de Tunis, car même à Tunis cela pose parfois problème. Néanmoins, un projet pourrait bien voir le jour au courant de l’année 2004. Il s’agit d’un stage de scénographie co-organisé avec le centre “Al Ahnaguer” de Houda Wasfi, en Egypte.
“Etablir un pont”
Outre ce projet, et comme le Centre arabo-africain continue à réaliser ses activités qui concernent la formation dans les arts et les métiers de scène, il va, la deuxième quinzaine du mois de mars 2004, entamer le premier degré de la deuxième promotion des rencontres arabo-africaines, qui, comme la première promotion, réunira des comédiens des pays du monde arabe et d’Afrique. Et Leila Toubel de nous éclairer sur ce projet : “Comme pour la première promotion, il y aura une grande sélection et sûrement quatorze stagiaires sélectionnés. On a déjà envoyé les courriers pour les candidatures des acteurs professionnels. On pense faire venir les acteurs arabes et africains, qui ont pris part aux premières rencontres, en tant qu’assistants à cet atelier. C’est bien de continuer un processus entier de formation, pédagogique. Ça sera un maillon, une complémentarité, puisqu’ils seront à «l’extérieur». Ça sera une phase préparatoire pour un atelier sur la direction d’acteurs”.
La comédienne nous a rappelé ces premières rencontres : “On voulait établir un pont entre l’Afrique et le monde arabe, comme ce sont deux mondes très différents, éloignés de par leur culture, le traitement théâtral, artistique. Ces premières rencontres se sont organisées en trois ateliers, car Arabes et Africains ont toujours travaillé sur un théâtre qui ne nous appartient pas. Il fallait attendre les trois degrés pour qu’ils puissent toucher de près ce travail axé sur l’acteur”.
Une expérience insolite
Le fruit de ces premières rencontres a été le projet “Parlons en silence”, dont nous avons parlé à travers différents articles. Leila Toubel a donné son avis sur la réussite de ce spectacle, qui a été apprécié chez nous aussi bien pendant les JTC que lors des quinze représentations pendant le mois de Ramadan, mais également à Paris, pour une première mondiale, où le public l’a plébiscité, à l’occasion de dix représentations au cours de la 5 ème édition de “Nous n’irons pas à Avignon” : “L’expérience de «Parlons en Silence» est insolite. Voir des acteurs arabes et africains sur une même scène parlant chacun sa langue est quelque chose de nouveau, qui accroche. Elle s’interroge sur la formation de l’acteur. Emile Lanzman, le fameux éditeur (de théâtre), n’a dit que de belles choses sur ces acteurs, qui, quand ils rentreront chez eux, donneront ce qu’ils ont appris aux autres. Il y a aussi l’histoire qui est très actuelle et touche tout être humain qui a un minimum de conscience de ce qui se passe autour de lui. C’est un appel à accepter l’autre malgré sa différence. Si ce spectacle a eu autant d’impact auprès du spectateur, c’est qu’il l’interroge. On espère vraiment tourner avec ce spectacle. On n’a pas envie de l’enterrer”. Outre la continuité de ce projet avec la deuxième promotion, le Centre arabo-africain proposera, au mois de juin 2004, un atelier de la gestion théâtrale.
Quant à El Hamra, elle fera une nouvelle création nationale au mois de janvier prochain et, certainement, la reprise des clubs de théâtre pour enfants et adolescents car “c’est une belle aventure humaine et artistique”…

Z.H

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Droits : les acteurs veulent le beau rôle



 Alliance NYOBIA
 [23/11/2004]



Un forum pour en apprendre plus aux hommes de spectacles sur leurs droits organisé dans le cadre des Retic.

"Presque tous les spectacles présentés sont captés par les télévisions et les radios (publiques pour la plupart) des pays africains, ceci sans autorisation donnée par les artistes ni aucune compensation financière. La production de fiction en Afrique est relativement récente et les radiodiffuseurs remplissent leurs antennes de spectacles " volés ". Souvent même les directeurs d’entreprises de spectacles se font " voler " aussi. ". Voilà le constat fait par l’Adami, la Société civile pour l’administration des droits des artistes et musiciens interprètes et la Fia, la Fédération internationale des acteurs. Une situation évidemment préjudiciable aux artistes, d’où l’idée d’organiser un forum pour tenter de changer les choses.

Pendant deux jours donc (dimanche et lundi), ces structures ont proposé une réflexion sur deux sujets qui se recoupent : les droits sociaux de l’artiste interprète et les droits de propriété intellectuelle. L’assise, rappelons-le, est une des articulations de la 13e édition des Rencontres théâtrales internationales du Cameroun (Retic), qui baissent le rideau demain. Lors des échanges, suivis par de nombreux hommes et femmes de spectacle, il a été question notamment du rôle de l’artiste professionnel dans la société.

Les participants ont aussi appris que la défense des droits de l’artiste passe par le regroupement en associations ou syndicats dans chaque pays, afin de : discuter avec les pouvoirs publics pour l’obtention de lois ou textes réglementaires ; négocier avec les employeurs pour obtenir des accords collectifs ou au minimum des contrats types assortis de rémunérations minimales obligatoires ; obtenir contrat et rémunération pour la captation de spectacles vivants. En matière de propriété intellectuelle, les personnes présentes aux travaux ont eu droit à quelques rappels sur les lois nationales et les conventions internationales (la Convention de Rome en 1961, le Traité de l’Ompi en 1996…) et à un exposé sur les droits existants.

Les organisateurs du forum ont, par ailleurs, insisté sur la nécessité, pour les acteurs, de s’organiser, dans l’optique de la défense de leurs droits. Mais également pour bénéficier d’une plus grande considération de la part des autres acteurs de la filière spectacle, les producteurs et diffuseurs notamment, enclins à parfois mépriser l’artiste. Les conditions de travail, le temps de repos, la question de la rémunération, etc ont aussi été abordés. En tout, de nombreuses recommandations ont été formulées, qui devraient permettre aux acteurs de mieux vivre de leur art, si elles sont finalement appliquées.

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Retic : du Shakespeare à l’africaine


 Alliance NYOBIA
 [22/11/2004]



La pièce " Hamlet ", de la compagnie Boyokani, est un des succès des Rencontres théâtrales internationales du Cameroun.

Ainsi, William Shakespeare, écrivain anglais mort en 1616, aurait du succès s’il revenait à Yaoundé. C’est en tout cas ce que laisse penser la réaction du public présent samedi soir au Centre culturel français à la représentation de " Hamlet ", pièce du célèbre auteur adaptée par une troupe africaine, la compagnie Boyokani. Mais l’adaptation et la prestation des acteurs, de même que la mise en scène et le jeu des lumières sont pour beaucoup dans l’enthousiasme que la pièce a suscité. C’est donc à un bon mélange que les spectateurs ont eu droit : l’écriture unique de Shakespeare corsée d’un humour piquant.

Avec un art consommé, les huit comédiens de la troupe ont entraîné le public dans les méandres de l’amour passion et l’ont plongé dans la sphère des intrigues de cour et des complots si familiers au microcosme du pouvoir politique. Comment, tourmenté par son désir ou consumé par son ambition, un homme peut-il donner la mort à un autre, qui se trouve d’ailleurs être son frère ? Pourquoi un prince, inconsolable, se met-il à jouer au fou pour percer à jour le complot qui l’a fait orphelin ? De bout en bout, l’intérêt pour la pièce est soutenu.

Le long des répliques, différents problèmes et réalités de la société africaine sont évoqués : le mariage forcé, le commerce des morts avec les vivants, etc. A ce sujet précis, l’adaptation opère une audacieuse jonction entre Shakespeare et Birago Diop, l’auteur de " Souffles ", dont les paroles sont reprises pour convaincre le prince Hamlet de croire aux morts : " Ecoute plus souvent les choses que les êtres. La voix du feu s’entend, entends la voix de l’eau. Ecoute dans le vent, le buisson en sanglots (…) Les morts ne sont pas morts ". Autre passerelle culturelle, les chants d’origine congolaise, sud-africaine et d’Afrique de l’Ouest qui accompagnaient certains passages de la pièce. Tout comme les accessoires bien africains (foulards, écharpes, colliers, etc.) et les costumes aux riches teintures que les acteurs portaient.

La compagnie Boyokani, qui a déjà adapté " Othello " (autre œuvre de Shakespeare) en 1999, poursuivait ainsi son exploration d’un auteur à qui le monde doit également " Roméo et Juliette ", " Macbeth " " Le roi Lear ", etc. Selon un des comédiens de la troupe, les différents acteurs (originaires du Congo, de Côte d’Ivoire, du Mali et du Sénégal) vivent chacun dans son pays, et se retrouvent pour répéter dès qu’un contrat est décroché. Une souplesse dans le fonctionnement qu’on croit revoir dans le jeu sur scène. A la fin, c’est debout que certains spectateurs ont salué la performance des comédiens de la compagnie Boyokani.



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Le Quotidien Mutations du Lundi 22 novembre 2004
Culture :Théâtre : Shakespeare l'Africain
L'oeuvre du plus grand dramaturge britannique revisitée à la lumière de la culture nègre. 

Débora Ngo Tonye (stagiaire)
Théâtre

L'oeuvre du plus grand dramaturge britannique revisitée à la lumière de la culture nègre.

Hamlet, la mine défaite porte encore le deuil de son père le roi. Sa mère, de son côté est rayonnante de joie. Elle a enfin réussi à se débarrasser d'un mari encombrant, un vieillard qu'elle a dû épouser par respect pour la coutume. Pourtant, elle n'avait d'yeux que pour Claudius son beau-frère. Pour vivre leur amour au grand jour, les deux amants décident d'un commun accord de mettre fin aux jours du roi, car selon la coutume, « le petit frère peut hériter de la femme de son frère à la mort de celui-ci». Malheureusement, pour eux, le roi défunt revient sous forme de spectre pour dévoiler le tueur à son fils, et lui demander de le venger. Un spectre que le metteur en scène fait apparaître en introduisant le célèbre poème «Souffles» du poète sénégalais Birago Diop, «Ecoute plus souvent les choses que les êtres (...) les morts ne sont pas morts». Voici l'histoire d'Hamlet de Shakespeare revisitée selon une approche contemporaine et africaine par le Boyokani company du Congolais Hugues Serge Limbvani. C'était vendredi et samedi denier au Ccf de Yaoundé lors de la treizième édition des rencontres théâtrales internationales du Cameroun (Retic).

Sur scène, le groupe de comédiens composé d'une Malienne, d'un Ivoirien, de trois Congolais, d'un Français et d'un Sénégalais porte des costumes confectionnés à partir de tissus pagnes africains. La lumière rouge qui accompagne le roi, vient rehausser le prestige de sa majesté, car, cette couleur dans la société traditionnelle africaine est symbole de pouvoir. D'autres symboles tels que les crânes des morts viennent authentifier l'africanité de cette pièce de théâtre. A ces symboles, s'ajoutent les accompagnements musicaux qui harmonisent le jeu des acteurs ; le metteur en scène choisit la musique en fonction du contexte : un son zoulou d'Afrique du sud pour exprimer le désarrois d'Hamlet, un chant du Congolais qui constitue un code d'appel entre Hamlet et ses amis. Pour terminer, Hugues Serge Limbvani choisit une symphonie de Mozart, après la mort des principaux acteurs. Cette mise en scène ne laissera pas indifférent, le public venu nombreux si on en juge par la pluie d'applaudissements qui inondera la salle.

Pour le Pr Jean Tabi Manga, venu assister au spectacle, la pièce était très belle. «C'est une pièce faite à l'éclairage de la tradition africaine, ils ont réussi à contextualiser la tragédie d'Hamlet en mettant à nu le problème des coutumes ancestrales qui constituent un poids sur nos sociétés. La technique est une réussite grâce au jeu habile des acteurs. C'était tout simplement beau et admirable», confie-t-il encore tout ému. Le problème du mariage forcé est justement la préoccupation du metteur en scène. «Shakespeare dans ses œuvres pose des problèmes humains. Je me suis demandé si nos grands-mères qui subissaient des mariages forcés étaient heureuses avec nos grands-pères. Il faut que la tradition cesse d'être un poids pour la société ; si Gertrude la mère d'Hamlet avait choisi de son mari, elle n'aurait pas provoqué sa mort pour se réfugier dans les bras d' un autre», explique Hugues Serge Limbvani.

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Rideau sur les Retic


 A.N
 [24/11/2004]



La 13e édition des Rencontres théâtrales internationales du Cameroun s’achève aujourd’hui.

En tout, douze représentations sur les treize prévues auront été servies au public dans le cadre de cette 13ème édition des Retic. La troupe Ymakoteatry de Côte d’Ivoire n’ayant plus effectué le déplacement de Yaoundé. Mais cette absence n’a pas empêché que d’autres articulations se déroulent conformément à la programmation. Il y a d’abord eu les spectacle, que le public a semblé apprécier, à en juger sa présence. Selon un membre du comité d’organisation, l’affluence relevée tient à deux principales raisons : beaucoup de billets d’invitation ont été distribués, et les troupes, camerounaises ou non, essayaient de faire elles-mêmes leur propre promotion. " Elles se sont investies ", expliquait l’un d’eux hier au Centre culturel français de Yaoundé. Puis il y avait les prix d’entrée : 500, 300 francs, voire rien du tout pour certains qui " tournaient à l’entrée ".

Puis il y a eu des activités hors scène, comme le forum sur les acteurs et leurs droits (deux jours), qui aura indéniablement apporté quelque chose aux hommes et femmes de spectacle ; le stage sur la gestion et l’organisation des festivals (cinq jours), qui concernait les directeurs de festivals d’Afrique centrale ; l’assemblée générale des régisseurs d’Afrique centrale et enfin la rencontre des femmes artistes de la même sous-région. Côté business, les organisateurs se disent également satisfaits: de nombreux directeurs de festivals se seraient montrés intéressés par certaines des pièces jouées et " La résistante, co-production belgo-camerounaise, est déjà assurée d’une soixantaine de représentations en Europe.

Cela dit, la 13è édition des Retic, ouverte le 18 novembre dernier, ne s’est pas déroulée comme une pièce parfaitement maîtrisée par les acteurs et le metteur en scène. " Il y a eu quelques ratés, beaucoup plus au plan de l’organisation. Des choses étaient prévues mais les dispositions nécessaires n’ont pas suivi ", confie un membre du comité d’organisation. Des problèmes ont été signalés au niveau du village du festival — situé derrière le Ccf, à un pas du Boulevard du 20 mai —, où les spectacles d’animation prévus ne se sont pas toujours déroulés selon les vœux des promoteurs. Des artistes ont décliné l’invitation au dernier moment, pour des questions de location d’instruments, de sono, etc.

Autre déception des organisateurs, les rencontres avec les metteurs en scène n’ont pas attiré beaucoup de monde, qu’il s’agisse du public ou de la presse. Un acteur de l’organisation l’explique par le fait que ces rencontres étaient programmées le matin " quand les artistes répètent ou quand ceux qui ont joué tard la veille récupèrent ". Sans compter qu’à ces heures-là, les gens vont à leur travail. Mais les organisateurs se disent globalement satisfaits et comptent boucler en beauté aujourd’hui.




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BILAN DE L"ANNEE CULTURELLE 2004
Interview du Président des Retic, M. Ambroise MBIA.

"La culture espère beaucoup de la décentralisation"
 Yves ATANGA
 [04/01/2005]

Le regard d’Ambroise Mbia, dramaturge et promoteur culturel.

Quelle image retenez-vous de 2004 au plan culturel ?

Ambroise MbiaJe crois que l’événement le plus important de l’année a été l’élection présidentielle, et il me semble qu’il y a lieu de se féliciter de la contribution et de la grande implication des artistes à la réussite de cet événement. La validation du plan sectoriel du ministère de la Culture est également à mon sens, quelque chose de très important. Par ailleurs, je dirais qu’il y a eu un certain dynamisme, qu’il faut saluer, de la part des artistes et des opérateurs culturels dans tous les domaines de l’art. Si nous regardons le paysage artistique, nous verrons que chaque forme d’expression artistique a présenté un programme intéressant au plan international. Prenons le cas du cinéma : les Ecrans noirs sont, je crois, un festival qu’on ne présente plus parce qu’il s’est imposé au plan international. Au niveau de la danse, Elise Mballa Meka a encore prouvé qu’elle est très représentative. Quand nous prenons les festivals de théâtre, vous voyez qu’il y a eu un travail intéressant avec le festival Les Moments du Conte (FESTMOC) ; Il y a aussi le FATEJ, les RETIC. Donc, s’il faut prendre les arts de la scène, c’était une année dynamique..

Est-ce selon vous le fruit d’une synergie entre les différents acteurs ?

Je crois qu’avant tout, il faut saluer les efforts du ministère de la Culture. Il y a un travail extraordinaire qui est fait à ce niveau-là par le ministre d’Etat. Notre culture s’impose, même s’il y a des problèmes ?

Justement, on n’a pas beaucoup évolué de ce côté-là…

En ce qui concerne les droits d’auteurs, c’est vrai qu’il y a des vagues en ce moment, mais en Afrique nous sommes parmi les plus avancés. Et beaucoup de pays nous envient parce que les choses se mettent en place, même si ça se passe dans la douleur. D’un autre côté, je crois que le compte d’affectation spéciale à la culture est un fonds de soutien important pour la création et la diffusion. Cela dit, il convient de relever que les artistes travaillent encore dans des conditions difficiles. Si je prends le cas du théâtre, voyez dans quelques conditions les artistes préparent leurs spectacles. C’est souvent dans des salles non équipées. Et une fois qu’ils doivent jouer dans des salles adaptées aux normes professionnelles, ils ont des difficultés à s’exprimer. Il y en a quelques-uns qui ont une grande formation artistique et technique, et qui s’en sortent, mais c’est difficile.

Est-ce que le public joue aujourd’hui son rôle d’accompagnateur de la production artistique ?

Le problème du public est un problème délicat, d’ailleurs il ne se pose pas seulement dans le domaine artistique. En sport, les gens qui vont de moins en moins au stade, même si on a formé des gens pour aller au stade et pas au spectacle. En fait, il faut dire qu’aujourd’hui, les gens ont beaucoup de possibilités avec par exemple télévision par câble. Nous, quand nous faisions du théâtre à l’époque, nous n’avions pas ces possibilités. Les gens venaient au spectacle. Mais je ne dis pas que la télévision joue un mauvais rôle. Parce que, le monde a changé. D’autre part, il y a ce problème de l’insécurité. On veut être sûr qu’en sortant le soir pour aller voir un concert, on va rentrer intact. Mais au-delà du public, il faut voir si la presse fait son travail de sensibilisation en lui faisant comprendre l’intérêt des spectacles. Le problème du public est un problème de formation. C’est pour cela que je salue le travail fait par le Théâtre du Chocolat formant les enfants, en les habituant à aller au spectacle.

Autre problème : les spectacles ne sont-ils pas trop chers ?

Il y a là double tranchant. Si vous mettez les prix à 500 F, il y a un certain public qui ne viendra pas. Il faut savoir si on veut faire des spectacles populaires ou élitistes. Pour moi, le choix c’est qu’il faut faire les deux, des spectacles pour tout public, mais surtout des spectacles de qualité.

La mise en place de la réforme du droit d’auteur pose quelques problèmes. Comment l’expliquez-vous ?

Quand on joue le rôle de pionnier, et c’est le cas du Cameroun en Afrique, il est tout à fait normal que pendant un certain temps, il y ait des problèmes. Nous devons être honnêtes et reconnaître que nous ne sommes pas tous des spécialistes du droit d’auteur. Il me semble qu’il y a très peu de gens qui ont leur place dans la gestion de ces droits. Certains y vont peut-être parce qu’ils se disent qu’il y a de l’argent. Mais je dis, qu’il faut déjà se féliciter de la création de ces sociétés. Malgré tout, un travail est fait et je suis sûr que les responsables tireront les leçons de tout ce qui se passe.

Qui doit donc finalement gérer le droit d’auteur, puisque les artistes ne sont visiblement pas compétents pour cela ?

Je crois qu’il faut laisser faire les choses comme elle se font aujourd’hui et à partir des échecs et des réussites, ça va s’améliorer.

Comment entrevoyez-vous l’année 2005 dans la culture ?

Je pense que les artistes sont parmi les premières personnes qui souhaitent la paix et la stabilité dans ce pays, parce qu’ils savent qu’ils ne peuvent pas progresser sans ces données fondamentales. Nous souhaitons aussi que la décentralisation qui est annoncée, apporte beaucoup à la culture, pour que demain ou après-demain, nous ayons des maisons de la culture dans les départements, les provinces, les communes. Ces structures ont beaucoup à apporter sur ce plan. Heureusement, nous avons noté dans la profession de foi du président de la République, l’importance qu’il attache à la culture. Je crois qu’un effort sera fait pour relever notre culture et nous gardons espoir.




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VENDREDI, 26 NOVEMBRE, 2004
 
Culture :Le 13e rideau : Rendez-vous est pris pour 2005.
D. N. T. (st)

Le 13e rideau
Rendez-vous est pris pour 2005.

Treize spectacles, à raison de deux par jours, des rencontres professionnelles, des stages de formation. Voilà le palmarès des activités menées tout au long de la 13ème édition des Retic (Rencontres théâtrales internationales du Cameroun), organisées au Ccf de Yaoundé du 18 au 24 novembre 2004. La première journée, celle de jeudi 18 novembre, a été marquée par le spectacle de la troupe belgo-camerounaise du metteur en scène belge Guy Theunissen, dans la pièce «la résistance». C'est l'histoire d'une femme qui voudrait faire comprendre aux gens qu'à travers le théâtre, on peut changer la société. Pour y arriver, le metteur en scène fait une peinture d'un enfant soldat révolté. Les spectacles se sont achevés jeudi 24 novembre par la compagnie du Sénégalais Ibrahima Mbaye, dans la pièce «F'ame», une présentation de la femme idéale, vierge, pure, innocente, pleine de pitié de nostalgie et d'espérance.

On dénombrait en moyenne deux cent personnes par jour. Le public présent a pu apprécier les différents spectacles au menu. «C'est vrai que je n'ai pas souvent été à Yaoundé lors des dernières éditions des Retic, mais j'avoue que j'ai été content de voir que le théâtre évolue. J'ai assisté à beaucoup de spectacles et j'ai pu noter un grand formatage par les pièces africaines du théâtre dit occidental. Moi, je suis pour un théâtre qui tienne compte de l'environnement», atteste Basseck Ba Kobhio, cinéaste camerounais invité aux rencontres. «J'ai eu beaucoup de plaisir à regarder «Les jours se traînent les nuit aussi» «Qu'y a t-il dans la marmite?» de la troupe venue de la République centrafricaine, «La résistante» de la compagnie Maison éphémère de Belgique et Annoora du Cameroun et la compagnie sénégalaise «F'ame». Je suis content que les Retic demeurent, c'est une initiative qui mérite d'être encouragée par le gouvernement», renchérit-il.

En plus des spectacles, le festival a marqué par son village. Situé dernière le Ccf, en bordure de l'avenue du 20 mai, le village des Retic a été le refuge des festivaliers. «C'est un endroit qui vise à regrouper les participants au festival, les empêcher de se disperser. C'est également un espace de convivialité qui permet aux opérateurs culturels de rencontrer les artistes, d'échanger et de faciliter les contacts entre diffuseurs et comédiens», affirme Ambroise Mbia, président des Rétic.
Le voeu pour certains spectateurs est que les Rétic demeurent; ce qui fait dire à l'un d'eux, Gervais Ndongo, que, c'est un initiative louable: «ça nous détend en même temps que ça nous instruit. Il faudrait seulement que les organisateurs pensent à d'autres villes, il y a pas que Yaoundé», reproche t-il.


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