Les Retic 2004 vues par
la presse

04 novembre 2004
Culture Sup.Ambroise
Mbia : Des Retic davantage
plurielles
Le promoteur des Rencontres théâtrales
internationales du Cameroun présente la
prochaine édition du festival.
Propos recueillis par Thiery Gervais Gango
Ambroise
Mbia
Des Retic davantage plurielles
Le
promoteur des Rencontres théâtrales
internationales du Cameroun présente la
prochaine édition du festival.
La 13e
édition
des Rencontres théâtrale internationales du
Cameroun (Retic) s’ouvre le 18
novembre prochain. Où en êtes-vous avec les
préparatifs ?
Le Ccf de Yaoundé qui sera au cœur de la
manifestation est prêt. Les
invitations ont été envoyées depuis un
mois. Nous sommes dans les délais. Nous
n’avons pas noté jusque-là des
désistements qui gêneraient la
présentation des
13 spectacles programmés.Les directeurs des festivals de
théâtres, les
décideurs et les personnalités
invitées ont confirmé leur présence.
Les
animateurs du forum sur "Les acteurs et leurs droits"
organisé par la
fédération internationale et l’Adami,
ont eux aussi confirmé. Les participants
à la rencontre des administrateurs et directeurs de
théâtres en Afrique
centrale n’ont pas déprogrammé leur
voyage.
Vous parlez là
en même temps des différents temps forts du
festival. Pouvez-vous être plus
précis sur les différentes activités
qui rythmeront la vie du festival ?
En plus des activités mentionnées plus haut, il
est prévu un stage sur
l’organisation et la gestion des festival.
L’atelier sera dirigé par le Belge
Jacques Deck. Une rencontre regroupera pendant le festival les femmes
artistes
d’Afrique centrale, qui répètent depuis
quelques jours au Ccf de Yaoundé. Avec
un autre Belge, Guy Theunissen qui était présent
l’année dernière avec un
spectacle cette fois-là, nous organisons depuis deux
semaines une résidence de
création à laquelle participent une
comédienne belge (Catherine Salée, Ndlr),
le chef de l’orchestre national de Guinée, vous
découvrirez bientôt les vaste
talent et deux comédiens camerounais (Yaya Mbilé
et zigoto). La pièce
s’intitule "Résistance" et sera
proposée en ouverture des Retic 2004.
Peut-on avoir
une idée du contenu artistique de cette 13e
édition qui s’organise tout de même
dans un contexte financier difficile ?
Je me garderai de parler des questions financières. Nous
nous sommes fixé un
pari : faire les Retic avec ou sans argent. Je me contenterai donc de
parler de
la programmation, que nous avons voulue variée de
manière à intéresser un
public large. Nous avons pensé aussi qu’il fallait
des spectacles qui
présentent un intérêt pour les jeunes
professionnels. En fait, il s’est agi de
sélectionner des pièces de
théâtre qui répondent aux normes
professionnelles. Cela,
par respect pour le public et la notoriété du
festival.
On ne peut pas
faire le reproche au Cameroun d’être sous
représenté dans la carte géographique
de la programmation de cette année…
Je me permets de vous arrêter pour dire que
l’origine
géographique des
spectacles sélectionnés n’est pas en
soi une
préoccupation. Cela ne m’intéresse
pas. J’ai parlé tout à
l’heure de la
variété et de
l’intérêt. Nous pensons
qu’il est intéressant de proposer des spectacles
qui
croisent plutôt des gens
venus d’horizons divers, du sud et du nord en même
temps.
Nous avons aussi,
dans notre démarche, le souci d’encourager les
jeunes
talentueux. Il s’agira
d’une rencontre au pluriel, d’un espace
d’échanges. C’est pour cette raison que
nous accordons un grand intérêt aux espaces
Carrefour
organisés tous les jours
autour des spectacles de la veille, et espaces de dialogues
où
metteurs en
scène, comédiens et public se croisent. Nous
assumons le
choix de la
programmation qui est très éclectique cette
année.
Elle plaira à certains et
pas à d’autres. L’essentiel est
qu’il y ait
une vraie vie autour du théâtre.
Entre la
dernière et la toute prochaine édition, ont
n’a pas eu l’impression pourtant
que le théâtre à beaucoup
vécu...
Vous dites que c’est une impression. C’est juste.
Le Fatej s’ouvre la semaine
prochaine et offre un bel espace pour les enfants. Les Moments du conte
vivent.
Le festival Abok i Ngoma est un cadre où la danse
s’épanouit. Toutes ces
initiatives nous confortent dans notre démarche. Par le
passé, nous
programmions la danse, le conte et le théâtre pour
enfants. En portant ces
trois pôles, les trois promoteurs multiplient les chances
d’une scène
culturelle camerounaise plus vivante. Ça c’est sur
le plan de la scène. Mais
entre les deux éditions du festivals, tant de choses se sont
passées. Il y a eu
beaucoup de retombées positives pour les artistes
camerounais après la dernière
édition. Il y a eu beaucoup de bourses de formation, des
résidences, la
participation des troupes camerounaises et africaines à des
festivals à travers
le monde, plusieurs participations des comédiens
à des créations de niveau
international. A chaque édition, la moisson
est généralement bonne.
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Retic : la 13e pièce |
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| Alliance NYOBIA |
| [15/11/2004]
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Les
Rencontres théâtrales internationales du Cameroun
s’ouvrent cette année le 18 novembre.
Le Centre culturel français de Yaoundé,
l’université de Soa, le lycée de Mfou
et le centre artistique d’Akono : voilà les quatre
sites sur lesquels se dérouleront les Rencontres
théâtrales internationales du Cameroun (Retic),
13e édition, prévue du 18 au 24 novembre.
L’information a été donnée
vendredi dernier lors d’un point de presse
organisé au Ccf de Yaoundé par le
comité d’organisation, au sein duquel figurait
Ambroise Mbia, président des Retic. Un festival qui devrait
offrir cette année treize spectacles, dont cinq
pièces camerounaises (d’autres compagnies
viendront de Côte d’Ivoire, de la
République démocratique du Congo, du
Sénégal…). " Toutes les troupes ont
confirmé ", a assuré Ambroise Mbia.
En dehors des représentations elles-mêmes, le
festival prévoit : une rencontre des directeurs et
administrateurs de festivals de théâtre
d’Afrique centrale ; un forum sur " Les acteurs et leurs
droits " ; un stage sur l’organisation et la gestion des
festivals ; l’assemblée
générale de l’association des
régisseurs d’Afrique centrale ; une
réunion du Regroupement des femmes artistes
d’Afrique centrale. Du côté du
comité d’organisation, on semble optimiste,
même si on n’a " pas encore bouclé le
budget ".
A la question de savoir pourquoi des rencontres du Cameroun se tiennent
seulement dans la province du Centre, Ambroise Mbia a
évoqué certains problèmes. Le festival
devait s’étendre à Douala, mais le
Centre culturel français de cette ville a "
annulé à la dernière minute pour des
raisons budgétaires ". Pour le reste, l’extension
des Retic à toute l’étendue du
territoire se heurte principalement à un problème
de moyens. Mais le comité d’organisation souligne
qu’il a invité des troupes de
l’intérieur du pays. Si on ne peut pas aller dans
tout le Cameroun, tout le Cameroun peut se retrouver à
Yaoundé et ses environs…
L’essentiel est sans doute que le festival atteigne ses
objectifs qui sont les mêmes depuis sa création en
1990 : promouvoir un théâtre inspiré
des rites et coutumes africains ; contribuer à
l’émergence des jeunes talents du vivier culturel
africain ; faire dialoguer les valeurs nouvelles et les techniques
dramatiques conventionnelles ; rechercher
l’intégration harmonieuse du
théâtre africain dans l’environnement du
théâtre international.
Entre autres personnalités, le festival a comme
invités d’honneur cette année Bernard
Dadié, Thomas Manou Yablaih, directeur
général du Marché des arts du
spectacle africain, et André Louis Perinetti,
secrétaire général de
l’Institut international du théâtre, etc.
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| Retic, le
premier acte |
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| Alliance
NYOBIA |
| [19/11/2004] |
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Les
Rencontres théâtrales internationales du Cameroun
se sont ouvertes hier à Yaoundé.
Le gouvernement attache une importance particulière au
développement de l’art
théâtral au Cameroun. C’est ce que les
personnes présentes à la
cérémonie d’ouverture de la
13ème édition des Retic, organisée
hier au Hilton de Yaoundé, ont appris de la bouche du
secrétaire général du
ministère de la Culture. Thomas Forzein, qui a
présidé l’assise en lieu et place du
ministre d’Etat Ferdinand Léopold Oyono,
s’est félicité de l’existence
d’un événement comme les Retic, dont il
a au passage salué les promoteurs, qui font
l’effort de pérenniser
l’expérience d’année en
année. Après avoir souhaité la
bienvenue au Cameroun aux différents participants venus
d’Afrique et d’ailleurs, il a invité les
autres acteurs locaux du théâtre à
enrichir de leur créativité le tableau
théâtral camerounais.
A en croire Ambroise Mbia, le président des Retic,
l’événement de cette année
est placé sous le signe du " renforcement des liens entre
artistes et opérateurs de théâtre
d’Afrique centrale ". Dans son intervention,
l’orateur a souhaité que les participants aux
Rencontres soient le plus inspiré possible, afin que la
qualité de leurs prestations favorise leur
émergence sur la scène internationale. M. Mbia
n’a pas manqué de remercier le Mincult pour
l’appui apporté à la manifestation. Il
a aussi remercié les acteurs de la coopération
présents.
Pendant une semaine, les Retic vont offrir au public treize
pièces de théâtre et sept spectacles
d’animation, et ce sur différents sites : le
Centre culturel français de Yaoundé,
l’université de Soa, le lycée de Mfou
et le centre artistique d’Akono. En plus de cinq
pièces camerounaises, d’autres prestations seront
assurées par des compagnies venant de Côte
d’Ivoire, de la République démocratique
du Congo, du Sénégal… Pratiquement
tous les acteurs attendus étaient présents
à la cérémonie d’hier.
D’autres sont encore " dans l’avion ",
d’après Ambroise Mbia.
En dehors des représentations elles-mêmes, le
festival prévoit : une rencontre des directeurs et
administrateurs de festivals de théâtre
d’Afrique centrale ; un forum sur " Les acteurs et leurs
droits " ; un stage sur l’organisation et la gestion des
festivals ; l’assemblée
générale de l’association des
régisseurs d’Afrique centrale ; une
réunion du Regroupement des femmes artistes
d’Afrique centrale.
A travers les différentes manifestations prévues,
les promoteurs des Retic visent divers objectifs, qui sont les
mêmes depuis sa création en 1990 : promouvoir un
théâtre inspiré des rites et coutumes
africains ; contribuer à l’émergence
des jeunes talents du vivier culturel africain ; faire dialoguer les
valeurs nouvelles et les techniques dramatiques conventionnelles ;
rechercher l’intégration harmonieuse du
théâtre africain dans l’environnement du
théâtre international.
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LEILA TOUBEL, CENTRE ARABO-AFRICAIN DE FORMATION ET DE RECHERCHE THÉÂTRALE
“Chaque œuvre ne représente que son maître”
Premier degré de la deuxième promotion de l’atelier de formation d’acteurs en mars
Atelier de la gestion théâtrale en juin
Stage de scénographie en co-organisation avec le centre “Al Ahnaguer” de Houda Wasfi (Egypte)
Les 12 èmes Rencontres théâtrales internationales du Cameroun (RETIC)
ont eu lieu du 18 au 24 novembre à Yaoundé. Douze pays africains ont
été invités à travers onze compagnies et 21 spectacles. Notre pays y a
été représenté non pas par une pièce mais par une personne : Leila
Toubel, qui a animé un stage de mise en scène, ou plutôt de mise en
espace. Elle nous a parlé de cette expérience, mais aussi de “Parlons
en silence”, du théâtre, et des différents projets du Centre
arabo-africain de formation et de recherche théâtrale, dont le siège se
trouve à Tunis et plus précisément à El Hamra…
Qui côtoie les activités du théâtre El Hamra
connaît forcément Leila
Toubel, le “bras droit” de Ezzeddine Gannoun.
Comédienne, puisqu’elle a
interprété des rôles au théâtre
(“Gamra Tah”, “L’ascenseur”, “Tyour
Ellil”, “Les feuilles mortes”, “Nwassy”)
; actrice puisqu’elle était le
premier rôle dans “Khmissa”, un court-métrage
de Molka Mahdaoui, elle
est aussi auteur, metteur en scène, formatrice et encadreuse.
Cette
polyvalence lui a permis de voyager et de rencontrer différents
protagonistes du 4 ème Art à travers le monde, aussi bien
en Italie, au
Japon, en Egypte (où elle a reçu le prix de la Meilleure
actrice au
Festival International du Théâtre expérimental du
Caire en 1998), en
France, et au Cameroun pour les RETIC.
“Une autre réalité théâtrale”
“Les RETIC sont un festival qui essaye, depuis des années, de se tenir
sur pied, ce qui n’est pas du tout évident en Afrique, nous a déclaré
Leila Toubel. C’est un combat que mène notre ami Ambroise Mbia, car ces
rencontres théâtrales internationales du Cameroun représentent une
grande opportunité pour le théâtre africain. Le festival se veut aussi
comme un marché avec des tourneurs”.
Leila Toubel a été invitée aux RETIC “depuis l’année dernière”.
“Ezzeddine Gannoun, pour des raisons de santé, ne pouvait pas s’y
rendre pour y animer un stage de mise en scène et de technique de jeu,
je l’ai remplacé, même si l’un ne remplace pas l’autre”, nous a dit la
comédienne, avant de continuer : “ Je voulais que cet atelier soit un
atelier de femmes, car j’avais besoin de me retrouver dans un univers
de femmes, sans tabous, sans exhibition, me retrouver dans l’intimité
de ces femmes. J’ai appris avec le temps qu’on ne peut pas préparer,
noir sur blanc, de faire ceci ou cela, avant de connaître et de sentir
les personnes avec qui on va travailler. Je suis partie à la découverte
de toutes ces femmes, camerounaises, centrafricaines et tchadiennes. Je
me suis confrontée à une autre réalité théâtrale. Il y avait une envie
de partager, d’écouter et de savoir comment aborder ce travail, même si
la durée était un peu courte ; une semaine ce n’est pas beaucoup”.
Leila Toubel a été frappée par une chose, comme elle nous l’a expliqué
: “Ce sont des comédiennes qui ambitionnent de devenir metteurs en
scène. Je leur ai dit que je n’allais pas leur donner une recette, que
j’allais travailler sur l’acteur, car pour moi la mise en scène c’est
l’acteur. Il y a eu une déception la première journée dans le sens où
elles étaient là pour apprendre la mise en scène. J’ai vu quelques
stagiaires partir.Dire qu’on va passer à la mise en scène en une
semaine est un gros mensonge”.
Avec les rapports de fin de stage, Leila s’est rendu compte que les
comédiennes ont été marquées par ce qu’elles ont fait, par le travail
et la maîtrise de l’acteur. Ce stage lui a apporté des choses à elle
aussi : “Cet atelier m’a aidée à comprendre pourquoi on voit un théâtre
africain tel qu’on le voit, en soulignant que les comédiennes que j’ai
encadrées ne représentent que leur expérience et leur manière de faire.
On ne peut pas faire du théâtre sans avoir cette installation humaine
entre les personnes qui le font. Je dirigeais le stage mais en même
temps je prenais des comédiennes ce qu’elles voulaient me transmettre.
Il n’y avait pas ce rejet, cette position fixe de “je veux ça”,
“j’attends ça de ce stage”, “donc il faut qu’on arrive à ça”, parce
qu’en une semaine on ne peut pas arriver à ce qu’on veut avec des
comédiennes qui n’ont jamais travailler selon ta méthode, sur
l’improvisation, sur l’émotion. Je me suis aperçue que le théâtre n’est
pas uniquement leur bol d’oxygène, il est toute leur vie. J’ai pu, je
pense, leur communiquer la passion, l’acharnement et cette envie de se
battre quotidiennement”.
“Le théâtre souffre”
Leila Toubel nous a donné son idée sur le théâtre africain : “On ne
peut pas parler de théâtre d’Afrique noire sans connaître vraiment la
réalité. On a des idées toutes faites mais la réalité est beaucoup plus
“amère”. Je me dis comment ces artistes arrivent à créer, à voyager, à
donner leurs spectacles dans les conditions où ils vivent. Ce sont des
conditions très difficiles, au niveau de la création surtout. C’est
vraiment une bataille”. Elle nous a également donné son avis sur les
festivals à compétition : “Moi, j’ai toujours été contre la
compétition, car on ne peut pas mettre des artistes sur un pied
d’égalité, alors qu’on est loin de savoir comment ils ont pu créer et
donner des représentations. On voit des projets avortés. C’est normal
que le théâtre souffre ! On n’a pas du tout le droit de comparer le
théâtre arabe et encore moins le théâtre tunisien au théâtre africain,
et de les mettre, pendant les Journées Théâtrales de Carthage, en
compétition. C’est vraiment une aberration dans le sens où ce n’est pas
les mêmes conditions ni au niveau de la création, ni au niveau de la
formation, ni à celui de la diffusion. Chaque œuvre ne représente que
son maître. On ne peut pas parler de théâtre africain ou arabe sans
aller voir ce qui se passe. Il faut prendre la peine de ne pas juger.
Faire une compétition c’est être dans le jugement. Le théâtre est un
art qui se cherche, qui évolue, qui a besoin d’une remise en question.
Il y a un travail de laboratoire qui se fait”.
Collaborations
Outre l’atelier encadré par Leila Toubel, le Centre arabo-africain de
formation et de recherche théâtrale a, en collaboration avec les RETIC,
organisé un stage de régie-lumière, dirigé par Tomoty K. Sena Alain,
“un grand technicien togolais”, qui a réuni (seulement) neuf
stagiaires. Les raisons nous ont été expliquées par la comédienne : “Il
y a un problème terrible : celui des visas. On n’arrête pas de parler
de la libre circulation des artistes et des autres. On est en train de
gaspiller de l’encre pour rien. Tu vois des artistes qui n’ont pas pu
obtenir leur visa de transit, qu’on exige depuis quelques mois
maintenant, sur Paris. Ils sont privés d’un festival à cause d’un visa
! C’est frustrant !”. Le transit par l’Europe est dû au fait qu’“il y a
un gros problème de déplacement dans les pays d’Afrique” et la France
devient souvent l’escale pour se rendre d’un pays africain à un autre.
Les deux ateliers proposés par le Centre arabo-africain est, comme l’a
décclaré M. Thomas Fozein Kwanke, Secrétaire général du ministère de la
Culture camerounais, un “projet qui s’inscrit dans le cadre de la
formation permanente et multidimensionnelle”.
Le Centre arabo-africain a la volonté de “décentraliser” ses projets et
de collaborer avec d’autres festivals, mais comme nous l’a dit Leila
Toubel, cela est très difficile d’organiser des ateliers et autres
stages en dehors de Tunis, car même à Tunis cela pose parfois problème.
Néanmoins, un projet pourrait bien voir le jour au courant de l’année
2004. Il s’agit d’un stage de scénographie co-organisé avec le centre
“Al Ahnaguer” de Houda Wasfi, en Egypte.
“Etablir un pont”
Outre ce projet, et comme le Centre arabo-africain continue à réaliser
ses activités qui concernent la formation dans les arts et les métiers
de scène, il va, la deuxième quinzaine du mois de mars 2004, entamer le
premier degré de la deuxième promotion des rencontres arabo-africaines,
qui, comme la première promotion, réunira des comédiens des pays du
monde arabe et d’Afrique. Et Leila Toubel de nous éclairer sur ce
projet : “Comme pour la première promotion, il y aura une grande
sélection et sûrement quatorze stagiaires sélectionnés. On a déjà
envoyé les courriers pour les candidatures des acteurs professionnels.
On pense faire venir les acteurs arabes et africains, qui ont pris part
aux premières rencontres, en tant qu’assistants à cet atelier. C’est
bien de continuer un processus entier de formation, pédagogique. Ça
sera un maillon, une complémentarité, puisqu’ils seront à
«l’extérieur». Ça sera une phase préparatoire pour un atelier sur la
direction d’acteurs”.
La comédienne nous a rappelé ces premières rencontres : “On voulait
établir un pont entre l’Afrique et le monde arabe, comme ce sont deux
mondes très différents, éloignés de par leur culture, le traitement
théâtral, artistique. Ces premières rencontres se sont organisées en
trois ateliers, car Arabes et Africains ont toujours travaillé sur un
théâtre qui ne nous appartient pas. Il fallait attendre les trois
degrés pour qu’ils puissent toucher de près ce travail axé sur
l’acteur”.
Une expérience insolite
Le fruit de ces premières rencontres a été le projet “Parlons en
silence”, dont nous avons parlé à travers différents articles. Leila
Toubel a donné son avis sur la réussite de ce spectacle, qui a été
apprécié chez nous aussi bien pendant les JTC que lors des quinze
représentations pendant le mois de Ramadan, mais également à Paris,
pour une première mondiale, où le public l’a plébiscité, à l’occasion
de dix représentations au cours de la 5 ème édition de “Nous n’irons
pas à Avignon” : “L’expérience de «Parlons en Silence» est insolite.
Voir des acteurs arabes et africains sur une même scène parlant chacun
sa langue est quelque chose de nouveau, qui accroche. Elle s’interroge
sur la formation de l’acteur. Emile Lanzman, le fameux éditeur (de
théâtre), n’a dit que de belles choses sur ces acteurs, qui, quand ils
rentreront chez eux, donneront ce qu’ils ont appris aux autres. Il y a
aussi l’histoire qui est très actuelle et touche tout être humain qui a
un minimum de conscience de ce qui se passe autour de lui. C’est un
appel à accepter l’autre malgré sa différence. Si ce spectacle a eu
autant d’impact auprès du spectateur, c’est qu’il l’interroge. On
espère vraiment tourner avec ce spectacle. On n’a pas envie de
l’enterrer”. Outre la continuité de ce projet avec la deuxième
promotion, le Centre arabo-africain proposera, au mois de juin 2004, un
atelier de la gestion théâtrale.
Quant à El Hamra, elle fera une nouvelle création nationale au mois de
janvier prochain et, certainement, la reprise des clubs de théâtre pour
enfants et adolescents car “c’est une belle aventure humaine et
artistique”…
Z.H

| Droits :
les acteurs veulent le beau rôle |
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| Alliance
NYOBIA |
| [23/11/2004] |
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Un forum pour
en apprendre plus aux hommes de spectacles sur leurs droits
organisé dans le cadre des Retic.
"Presque tous les spectacles présentés sont
captés par les télévisions et les
radios (publiques pour la plupart) des pays africains, ceci sans
autorisation donnée par les artistes ni aucune compensation
financière. La production de fiction en Afrique est
relativement récente et les radiodiffuseurs remplissent
leurs antennes de spectacles " volés ". Souvent
même les directeurs d’entreprises de spectacles se
font " voler " aussi. ". Voilà le constat fait par
l’Adami, la Société civile pour
l’administration des droits des artistes et musiciens
interprètes et la Fia, la Fédération
internationale des acteurs. Une situation évidemment
préjudiciable aux artistes, d’où
l’idée d’organiser un forum pour tenter
de changer les choses.
Pendant deux jours donc (dimanche et lundi), ces structures ont
proposé une réflexion sur deux sujets qui se
recoupent : les droits sociaux de l’artiste
interprète et les droits de propriété
intellectuelle. L’assise, rappelons-le, est une des
articulations de la 13e édition des Rencontres
théâtrales internationales du Cameroun (Retic),
qui baissent le rideau demain. Lors des échanges, suivis par
de nombreux hommes et femmes de spectacle, il a
été question notamment du rôle de
l’artiste professionnel dans la
société.
Les participants ont aussi appris que la défense des droits
de l’artiste passe par le regroupement en associations ou
syndicats dans chaque pays, afin de : discuter avec les pouvoirs
publics pour l’obtention de lois ou textes
réglementaires ; négocier avec les employeurs
pour obtenir des accords collectifs ou au minimum des contrats types
assortis de rémunérations minimales obligatoires
; obtenir contrat et rémunération pour la
captation de spectacles vivants. En matière de
propriété intellectuelle, les personnes
présentes aux travaux ont eu droit à quelques
rappels sur les lois nationales et les conventions internationales (la
Convention de Rome en 1961, le Traité de l’Ompi en
1996…) et à un exposé sur les droits
existants.
Les organisateurs du forum ont, par ailleurs, insisté sur la
nécessité, pour les acteurs, de
s’organiser, dans l’optique de la
défense de leurs droits. Mais également pour
bénéficier d’une plus grande
considération de la part des autres acteurs de la
filière spectacle, les producteurs et diffuseurs notamment,
enclins à parfois mépriser l’artiste.
Les conditions de travail, le temps de repos, la question de la
rémunération, etc ont aussi
été abordés. En tout, de nombreuses
recommandations ont été formulées, qui
devraient permettre aux acteurs de mieux vivre de leur art, si elles
sont finalement appliquées.
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| Retic : du
Shakespeare à l’africaine |
![]() |
| Alliance NYOBIA |
| [22/11/2004]
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La
pièce " Hamlet ", de la compagnie Boyokani, est un des
succès des Rencontres théâtrales
internationales du Cameroun.
Ainsi, William Shakespeare, écrivain anglais mort en 1616,
aurait du succès s’il revenait à
Yaoundé. C’est en tout cas ce que laisse penser la
réaction du public présent samedi soir au Centre
culturel français à la représentation
de " Hamlet ", pièce du célèbre auteur
adaptée par une troupe africaine, la compagnie Boyokani.
Mais l’adaptation et la prestation des acteurs, de
même que la mise en scène et le jeu des
lumières sont pour beaucoup dans l’enthousiasme
que la pièce a suscité. C’est donc
à un bon mélange que les spectateurs ont eu droit
: l’écriture unique de Shakespeare
corsée d’un humour piquant.
Avec un art consommé, les huit comédiens de la
troupe ont entraîné le public dans les
méandres de l’amour passion et l’ont
plongé dans la sphère des intrigues de cour et
des complots si familiers au microcosme du pouvoir politique. Comment,
tourmenté par son désir ou consumé par
son ambition, un homme peut-il donner la mort à un autre,
qui se trouve d’ailleurs être son frère
? Pourquoi un prince, inconsolable, se met-il à jouer au fou
pour percer à jour le complot qui l’a fait
orphelin ? De bout en bout, l’intérêt
pour la pièce est soutenu.
Le long des répliques, différents
problèmes et réalités de la
société africaine sont
évoqués : le mariage forcé, le
commerce des morts avec les vivants, etc. A ce sujet précis,
l’adaptation opère une audacieuse jonction entre
Shakespeare et Birago Diop, l’auteur de " Souffles ", dont
les paroles sont reprises pour convaincre le prince Hamlet de croire
aux morts : " Ecoute plus souvent les choses que les êtres.
La voix du feu s’entend, entends la voix de l’eau.
Ecoute dans le vent, le buisson en sanglots (…) Les morts ne
sont pas morts ". Autre passerelle culturelle, les chants
d’origine congolaise, sud-africaine et d’Afrique de
l’Ouest qui accompagnaient certains passages de la
pièce. Tout comme les accessoires bien africains (foulards,
écharpes, colliers, etc.) et les costumes aux riches
teintures que les acteurs portaient.
La compagnie Boyokani, qui a déjà
adapté " Othello " (autre œuvre de Shakespeare) en
1999, poursuivait ainsi son exploration d’un auteur
à qui le monde doit également " Roméo
et Juliette ", " Macbeth " " Le roi Lear ", etc. Selon un des
comédiens de la troupe, les différents acteurs
(originaires du Congo, de Côte d’Ivoire, du Mali et
du Sénégal) vivent chacun dans son pays, et se
retrouvent pour répéter dès
qu’un contrat est décroché. Une
souplesse dans le fonctionnement qu’on croit revoir dans le
jeu sur scène. A la fin, c’est debout que certains
spectateurs ont salué la performance des
comédiens de la compagnie Boyokani.

Le Quotidien Mutations du Lundi 22 novembre
2004
Culture
:Théâtre :
Shakespeare l'Africain
L'oeuvre
du plus grand dramaturge britannique revisitée à
la lumière de la culture nègre.
Débora Ngo Tonye (stagiaire)
Théâtre
L'oeuvre
du plus grand dramaturge britannique revisitée à
la lumière de la culture nègre.
Hamlet, la mine défaite porte encore le
deuil de son père le roi. Sa mère, de son
côté est rayonnante de joie. Elle a enfin
réussi à se débarrasser d'un mari
encombrant, un vieillard qu'elle a dû épouser par
respect pour la coutume. Pourtant, elle n'avait d'yeux que pour
Claudius son beau-frère. Pour vivre leur amour au grand
jour, les deux amants décident d'un commun accord de mettre
fin aux jours du roi, car selon la coutume, « le petit
frère peut hériter de la femme de son
frère à la mort de celui-ci».
Malheureusement, pour eux, le roi défunt revient sous forme
de spectre pour dévoiler le tueur à son fils, et
lui demander de le venger. Un spectre que le metteur en
scène fait apparaître en introduisant le
célèbre poème
«Souffles» du poète
sénégalais Birago Diop, «Ecoute plus
souvent les choses que les êtres (...) les morts ne sont pas
morts». Voici l'histoire d'Hamlet de Shakespeare
revisitée selon une approche contemporaine et africaine par
le Boyokani company du Congolais Hugues Serge Limbvani.
C'était vendredi et samedi denier au Ccf de
Yaoundé lors de la treizième édition
des rencontres théâtrales internationales du
Cameroun (Retic).
Sur scène, le groupe de
comédiens composé d'une Malienne, d'un Ivoirien,
de trois Congolais, d'un Français et d'un
Sénégalais porte des costumes
confectionnés à partir de tissus pagnes
africains. La lumière rouge qui accompagne le roi, vient
rehausser le prestige de sa majesté, car, cette couleur dans
la société traditionnelle africaine est symbole
de pouvoir. D'autres symboles tels que les crânes des morts
viennent authentifier l'africanité de cette pièce
de théâtre. A ces symboles, s'ajoutent les
accompagnements musicaux qui harmonisent le jeu des acteurs ; le
metteur en scène choisit la musique en fonction du contexte
: un son zoulou d'Afrique du sud pour exprimer le désarrois
d'Hamlet, un chant du Congolais qui constitue un code d'appel entre
Hamlet et ses amis. Pour terminer, Hugues Serge Limbvani choisit une
symphonie de Mozart, après la mort des principaux acteurs.
Cette mise en scène ne laissera pas indifférent,
le public venu nombreux si on en juge par la pluie d'applaudissements
qui inondera la salle.
Pour le Pr Jean Tabi Manga, venu assister au
spectacle, la pièce était très belle.
«C'est une pièce faite à
l'éclairage de la tradition africaine, ils ont
réussi à contextualiser la tragédie
d'Hamlet en mettant à nu le problème des coutumes
ancestrales qui constituent un poids sur nos
sociétés. La technique est une
réussite grâce au jeu habile des acteurs.
C'était tout simplement beau et admirable»,
confie-t-il encore tout ému. Le problème du
mariage forcé est justement la préoccupation du
metteur en scène. «Shakespeare dans ses
œuvres pose des problèmes humains. Je me suis
demandé si nos grands-mères qui subissaient des
mariages forcés étaient heureuses avec nos
grands-pères. Il faut que la tradition cesse
d'être un poids pour la société ; si
Gertrude la mère d'Hamlet avait choisi de son mari, elle
n'aurait pas provoqué sa mort pour se réfugier
dans les bras d' un autre», explique Hugues Serge Limbvani.
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| Rideau sur les
Retic |
![]() |
| A.N
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| [24/11/2004] |
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La 13e
édition des Rencontres théâtrales
internationales du Cameroun s’achève
aujourd’hui.
En tout, douze représentations sur les treize
prévues auront été servies au public
dans le cadre de cette 13ème édition des Retic.
La troupe Ymakoteatry de Côte d’Ivoire
n’ayant plus effectué le déplacement de
Yaoundé. Mais cette absence n’a pas
empêché que d’autres articulations se
déroulent conformément à la
programmation. Il y a d’abord eu les spectacle, que le public
a semblé apprécier, à en juger sa
présence. Selon un membre du comité
d’organisation, l’affluence relevée
tient à deux principales raisons : beaucoup de billets
d’invitation ont été
distribués, et les troupes, camerounaises ou non, essayaient
de faire elles-mêmes leur propre promotion. " Elles se sont
investies ", expliquait l’un d’eux hier au Centre
culturel français de Yaoundé. Puis il y avait les
prix d’entrée : 500, 300 francs, voire rien du
tout pour certains qui " tournaient à
l’entrée ".
Puis il y a eu des activités hors scène, comme le
forum sur les acteurs et leurs droits (deux jours), qui aura
indéniablement apporté quelque chose aux hommes
et femmes de spectacle ; le stage sur la gestion et
l’organisation des festivals (cinq jours), qui concernait les
directeurs de festivals d’Afrique centrale ;
l’assemblée générale des
régisseurs d’Afrique centrale et enfin la
rencontre des femmes artistes de la même
sous-région. Côté business, les
organisateurs se disent également satisfaits: de nombreux
directeurs de festivals se seraient montrés
intéressés par certaines des pièces
jouées et " La résistante, co-production
belgo-camerounaise, est déjà assurée
d’une soixantaine de représentations en Europe.
Cela dit, la 13è édition des Retic, ouverte le 18
novembre dernier, ne s’est pas déroulée
comme une pièce parfaitement maîtrisée
par les acteurs et le metteur en scène. " Il y a eu quelques
ratés, beaucoup plus au plan de l’organisation.
Des choses étaient prévues mais les dispositions
nécessaires n’ont pas suivi ", confie un membre du
comité d’organisation. Des problèmes
ont été signalés au niveau du village
du festival — situé derrière le Ccf,
à un pas du Boulevard du 20 mai —, où
les spectacles d’animation prévus ne se sont pas
toujours déroulés selon les vœux des
promoteurs. Des artistes ont décliné
l’invitation au dernier moment, pour des questions de
location d’instruments, de sono, etc.
Autre déception des organisateurs, les rencontres avec les
metteurs en scène n’ont pas attiré
beaucoup de monde, qu’il s’agisse du public ou de
la presse. Un acteur de l’organisation l’explique
par le fait que ces rencontres étaient
programmées le matin " quand les artistes
répètent ou quand ceux qui ont joué
tard la veille récupèrent ". Sans compter
qu’à ces heures-là, les gens vont
à leur travail. Mais les organisateurs se disent globalement
satisfaits et comptent boucler en beauté
aujourd’hui.
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BILAN DE
L"ANNEE CULTURELLE 2004
Interview du
Président des Retic, M. Ambroise MBIA.
| "La culture
espère beaucoup de la décentralisation" |
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| Yves
ATANGA |
| [04/01/2005] |
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Le
regard
d’Ambroise Mbia, dramaturge et promoteur culturel.
Quelle
image retenez-vous de 2004 au plan culturel ?
Je
crois que l’événement le plus important
de l’année a été
l’élection présidentielle, et il me
semble qu’il y a lieu de se féliciter de la
contribution et de la grande implication des artistes à la
réussite de cet événement. La
validation du plan sectoriel du ministère de la Culture est
également à mon sens, quelque chose de
très important. Par ailleurs, je dirais qu’il y a
eu un certain dynamisme, qu’il faut saluer, de la part des
artistes et des opérateurs culturels dans tous les domaines
de l’art. Si nous regardons le paysage artistique, nous
verrons que chaque forme d’expression artistique a
présenté un programme intéressant au
plan international. Prenons le cas du cinéma : les Ecrans
noirs sont, je crois, un festival qu’on ne
présente plus parce qu’il s’est
imposé au plan international. Au niveau de la danse, Elise
Mballa Meka a encore prouvé qu’elle est
très représentative. Quand nous prenons les
festivals de théâtre, vous voyez qu’il y
a eu un travail intéressant avec le festival Les Moments du
Conte (FESTMOC) ; Il y a aussi le FATEJ, les RETIC. Donc,
s’il faut prendre les arts de la scène,
c’était une année dynamique..
Est-ce
selon vous le fruit d’une synergie entre les
différents acteurs ?
Je crois qu’avant tout, il faut saluer les efforts du
ministère de la Culture. Il y a un travail extraordinaire
qui est fait à ce niveau-là par le ministre
d’Etat. Notre culture s’impose, même
s’il y a des problèmes ?
Justement,
on n’a pas beaucoup évolué de ce
côté-là…
En ce qui concerne les droits d’auteurs, c’est vrai
qu’il y a des vagues en ce moment, mais en Afrique nous
sommes parmi les plus avancés. Et beaucoup de pays nous
envient parce que les choses se mettent en place, même si
ça se passe dans la douleur. D’un autre
côté, je crois que le compte
d’affectation spéciale à la culture est
un fonds de soutien important pour la création et la
diffusion. Cela dit, il convient de relever que les artistes
travaillent encore dans des conditions difficiles. Si je prends le cas
du théâtre, voyez dans quelques conditions les
artistes préparent leurs spectacles. C’est souvent
dans des salles non équipées. Et une fois
qu’ils doivent jouer dans des salles adaptées aux
normes professionnelles, ils ont des difficultés
à s’exprimer. Il y en a quelques-uns qui ont une
grande formation artistique et technique, et qui s’en
sortent, mais c’est difficile.
Est-ce
que le public joue aujourd’hui son rôle
d’accompagnateur de la production artistique ?
Le problème du public est un problème
délicat, d’ailleurs il ne se pose pas seulement
dans le domaine artistique. En sport, les gens qui vont de moins en
moins au stade, même si on a formé des gens pour
aller au stade et pas au spectacle. En fait, il faut dire
qu’aujourd’hui, les gens ont beaucoup de
possibilités avec par exemple
télévision par câble. Nous, quand nous
faisions du théâtre à
l’époque, nous n’avions pas ces
possibilités. Les gens venaient au spectacle. Mais je ne dis
pas que la télévision joue un mauvais
rôle. Parce que, le monde a changé.
D’autre part, il y a ce problème de
l’insécurité. On veut être
sûr qu’en sortant le soir pour aller voir un
concert, on va rentrer intact. Mais au-delà du public, il
faut voir si la presse fait son travail de sensibilisation en lui
faisant comprendre l’intérêt des
spectacles. Le problème du public est un problème
de formation. C’est pour cela que je salue le travail fait
par le Théâtre du Chocolat formant les enfants, en
les habituant à aller au spectacle.
Autre
problème : les spectacles ne sont-ils pas trop chers ?
Il y a là double tranchant. Si vous mettez les prix
à 500 F, il y a un certain public qui ne viendra pas. Il
faut savoir si on veut faire des spectacles populaires ou
élitistes. Pour moi, le choix c’est
qu’il faut faire les deux, des spectacles pour tout public,
mais surtout des spectacles de qualité.
La
mise en place de la réforme du droit d’auteur pose
quelques problèmes. Comment l’expliquez-vous ?
Quand on joue le rôle de pionnier, et c’est le cas
du Cameroun en Afrique, il est tout à fait normal que
pendant un certain temps, il y ait des problèmes. Nous
devons être honnêtes et reconnaître que
nous ne sommes pas tous des spécialistes du droit
d’auteur. Il me semble qu’il y a très
peu de gens qui ont leur place dans la gestion de ces droits. Certains
y vont peut-être parce qu’ils se disent
qu’il y a de l’argent. Mais je dis, qu’il
faut déjà se féliciter de la
création de ces sociétés.
Malgré tout, un travail est fait et je suis sûr
que les responsables tireront les leçons de tout ce qui se
passe.
Qui
doit donc finalement gérer le droit d’auteur,
puisque les artistes ne sont visiblement pas compétents pour
cela ?
Je crois qu’il faut laisser faire les choses comme elle se
font aujourd’hui et à partir des échecs
et des réussites, ça va
s’améliorer.
Comment
entrevoyez-vous l’année 2005 dans la culture ?
Je pense que les artistes sont parmi les premières personnes
qui souhaitent la paix et la stabilité dans ce pays, parce
qu’ils savent qu’ils ne peuvent pas progresser sans
ces données fondamentales. Nous souhaitons aussi que la
décentralisation qui est annoncée, apporte
beaucoup à la culture, pour que demain ou
après-demain, nous ayons des maisons de la culture dans les
départements, les provinces, les communes. Ces structures
ont beaucoup à apporter sur ce plan. Heureusement, nous
avons noté dans la profession de foi du président
de la République, l’importance qu’il
attache à la culture. Je crois qu’un effort sera
fait pour relever notre culture et nous gardons espoir.
VENDREDI, 26 NOVEMBRE, 2004
Culture :Le 13e rideau : Rendez-vous est pris
pour 2005.
D.
N. T. (st)
Le 13e
rideau
Rendez-vous
est pris pour 2005.
Treize
spectacles, à raison de deux par jours, des rencontres
professionnelles, des stages de formation. Voilà le
palmarès des activités menées tout au
long de la 13ème édition des Retic (Rencontres
théâtrales internationales du Cameroun),
organisées au Ccf de Yaoundé du 18 au 24 novembre
2004. La première journée, celle de jeudi 18
novembre, a été marquée par le
spectacle de la troupe belgo-camerounaise du metteur en
scène belge Guy Theunissen, dans la pièce
«la résistance». C'est l'histoire d'une
femme qui voudrait faire comprendre aux gens qu'à travers le
théâtre, on peut changer la
société. Pour y arriver, le metteur en
scène fait une peinture d'un enfant soldat
révolté. Les spectacles se sont
achevés jeudi 24 novembre par la compagnie du
Sénégalais Ibrahima Mbaye, dans la
pièce «F'ame», une
présentation de la femme idéale, vierge, pure,
innocente, pleine de pitié de nostalgie et
d'espérance.
On
dénombrait en moyenne deux cent personnes par jour. Le
public
présent a pu apprécier les différents
spectacles
au menu. «C'est vrai que je n'ai pas souvent
été
à Yaoundé lors des dernières
éditions des
Retic, mais j'avoue que j'ai été content de voir
que le
théâtre évolue. J'ai assisté
à
beaucoup de spectacles et j'ai pu noter un grand formatage par les
pièces africaines du théâtre dit
occidental. Moi,
je suis pour un théâtre qui tienne compte de
l'environnement», atteste Basseck Ba Kobhio,
cinéaste
camerounais invité aux rencontres. «J'ai eu
beaucoup de
plaisir à regarder «Les jours se
traînent les nuit
aussi» «Qu'y a t-il dans la marmite?» de
la troupe
venue de la République centrafricaine, «La
résistante» de la compagnie Maison
éphémère de Belgique et Annoora du
Cameroun et la
compagnie sénégalaise
«F'ame». Je suis
content que les Retic demeurent, c'est une initiative qui
mérite
d'être encouragée par le gouvernement»,
renchérit-il.
En plus
des spectacles, le festival a marqué par son village.
Situé dernière le Ccf, en bordure de l'avenue du
20 mai, le village des Retic a été le refuge des
festivaliers. «C'est un endroit qui vise à
regrouper les participants au festival, les empêcher de se
disperser. C'est également un espace de
convivialité qui permet aux opérateurs culturels
de rencontrer les artistes, d'échanger et de faciliter les
contacts entre diffuseurs et comédiens», affirme
Ambroise Mbia, président des Rétic.
Le voeu pour certains spectateurs est que les Rétic
demeurent; ce qui fait dire à l'un d'eux, Gervais Ndongo,
que, c'est un initiative louable: «ça nous
détend en même temps que ça nous
instruit. Il faudrait seulement que les organisateurs pensent
à d'autres villes, il y a pas que
Yaoundé», reproche t-il.

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